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REGISTRES D
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imposition nouvelle sur le sel et vin, ne autres vic-tualles el marchandises quelzconques, attendu les grandes daces et impositions qui sont et qui ont esté levées soubz pretexte d'en fai re ayde au Roy, combien que la plusgrande partie ne soitentré en ses finances, mais en dons excessifz, au grant dommage et foulle du peuple universel. Et avant que riens offrir, seroit necessaire de voir et entendre par les Estatz dont procede une si grande debte que de xliii millions cinq cens mille francs dont on dict le Roy estre reli-cataire, ce que ne pourroit estre, si les finances du Roy depuis vingt ans en ça auroient esté bien ad­ministrées, ce que veu et entendu, et après ce que ceulx ausquelz a esté faict des liberalitez indeues et immences auroient rendu ce qu'ilz ont eu, à la foulle et détriment du peuple universel(1', ung chascun se mettra en devoir d'ayder et secourir au Roy et trouver les moyens de l'acquicter et rachepter son dom­maine, ce qui est prealable .et neccessaire de faire, plus tost que de chercher moyens de lever nouveaulx subsides et impositions.
Et ont esté esleuz monsr dé Chamboursy et monsr Paluau, Conseillers de lad. Ville, monsr Le Cornie et nions'' Gaullier, advocatz en la Court de Parlement.
plusieurs au Ires bourgeois et marchans de lad. Ville, de tous eslatz.
Après ce que mond. sr ie Prevost des Marchans a faict récit du discours de son voyage, et faict récit de ce que mons' le Chancellier luy a dit que l'Eglise pourra bien ayder au Roy de xvi millions, et avoir faict convoquer la presente compaignée tant pour faire savoir son retour que pour adviser sur les lettres du Rov adressées au Prevost de Paris;
A esle conclud, attendu qu'il n'y a aucunes lettres adressants à la ville de Paris en particulier et qu'on ne scet ce que le Roy demande à lad. Ville, qu'on ne doibt quant à present deliberer si on fera ayde au Roy pour le payement de ses debtes et redemption de son dommaine, mais eslire quatre personnes de lad. compaignée, pour eulx trouver jeudi prochain en la salle de l'Evesché de Paris, où seront les autres Estatz, et escouter l'Eglise qui doibt parler la pre­miere, et la noblesse après, pour savoir leur in ten lion et oppinion, et si lesd, quatre déléguez sont inter­pellez de parler, pourront remonstrer que le Roy est en baz aage, et peult on au jour d'uy de ses deniers et finances faire ung grant menage et fons en retran­chant la despence de sa maison et multituded'offi-cieis, qu'il n'y auroit ordre de lever aucun ayde ct
CXXXIII. — Pour le faict des Estatz.
i 5 mars i56i. (Fol. 88 v°.)
Du samedi, xve Mars mil vc lx.
En Assemblée le jour d'uy faicte en l'Ostel de la ville de Paris de Mess" les Prevost des Marchans, Eschevins ct Conseillers de lad. Ville pour adviser sur aucuns affaires occurrens qui requierent prompte expedition, cn laquelle se sont trouvez, assavoir :
Mons' le Prevost des Marchans ;
Monsr Godeffroy, monsr Sanguyn, monsr Hac, Eschevins;
MonsrDu Gué, monsr de Bragelongne, mons' de Chamboursy, monsr Larcher, sire Jehan Croquet, mons' Le Lievre, sire Pierre Croquet, sire Claude Le Sueur, Conseillers de lad. Ville.
Après lecture des lettres du Roy cy devant trans-criptes, a esté prononcé à celuy qui a apporté lesd, lettres que le Conseil a veu et entendu le contenu
esd. lettres, el qu'il n'y a nulle adresse à la Ville, ne nul mandement à monseigneur le Gouverneur qui a esté receu et faict le serment à icelle Ville, et qu'il n'y a point d'autre lieulenant du Roy que mons'le Prevost des Marchans. Etayant veu la datte desd, lettres, a esté ordonné qu'elles seroient rendues à celuy qui les a apportées, comme ja executées dès jeudi dernier, neantmoings qu'il en sera retenu coppie.
Ce faict, monsr de Chamboursy a recité à lad. com­paignée commejeudi dernier il avoit esté, par ordon­nance du Conseil de lad. Ville en la salle episcopalle pour oyr ce qui y seroit proposé, et que le Pro­cureur du Roy Martine avoit proposé et protesté de nullité de tout ce qui avoit esté faict par la Ville, et
(■' Au premier rang de ces favoris qui passaient pour avoir dévoré Henri II figure Jacques d'Albon, maréchal de Saint-André, que les députés des États mirent en demeure de rendre compte des dons excessifs par lui obtenus du roi; Diane de Poitiers, qui dans une large mesure avait participé aux prodigalités royales, était également visée, bien qu'elle se fût hâtée de restituer Chenon­ceaux à Catherine de Médicis.